Sous le même toit – Chapitre 69

 

– Mais qu’est ce que tu fais ? Chuchota Laure.

Il était minuit passé, les jeunes filles avaient passé la soirée à discuter, allongées dans un lit, et Nathalie venait subitement de se lever.

 

– Allons faire un tour ! Dit l’adolescente en enlevant son pyjama.

 

– Maintenant ? On est en pleine nuit Nat !

 

– Justement ! Tiens, mets ton maillot de bain.

 

– Tu veux te baigner à cette heure ? Tu as perdu la tête ?

 

– Je veux réaliser un fantasme. Susurra Nathalie en tirant sa petite-amie du lit.

Laure, debout, resta les bras ballants, ne sachant si elle devait suivre ou non la jeune fille. Sa raison lui disait que ce n’était pas une bonne idée de sortir en douce la nuit. Mais malgré elle, la dernière phrase de son amoureuse avait éveillé quelque chose en elle.

 

– Allez, bouge toi un peu !

Nathalie était déjà prête à partir et ouvrait la fenêtre.

 

– Je peux pas faire ça.

 

– Quoi ? Enjamber un mètre dix de mur ? Ironisa l’adolescente qui était déjà assise à califourchon sur la fenêtre.

Laure secoua la tête, et jetant aux oubliettes sa prudence, se dépêcha pour rejoindre sa belle au sourire espiègle.

La plage était déserte, ou presque. Un groupe de vacanciers chantait des ballades, plus ou moins juste. Plus loin, un autre petit groupe s’amusait dans l’eau en riant très fort. Nathalie emmena sa petite-amie à l’écart.

 

– Et si on se faisait agresser par un psychopathe ? Demanda Laure, anxieuse.

 

– Nous sommes assez proches des gens pour crier à l’aide. Mais pas assez pour qu’ils puissent voir ce qu’on va faire.

 

– Et qu’est ce qu’on va faire ?

Nathalie lui fit un clin d’œil pour toute réponse. Elle enleva les vêtements qu’elle avait mis par dessus son maillot de bain et se dirigea vers la mer.

Laure était nerveuse mais aussi excitée par la situation. C’était une première pour elle de faire le mur, de se retrouver sur une plage en pleine nuit et de faire ce qu’elle devinait que Nathalie avait l’intention de faire. Elle prit son temps pour se déshabiller, essayant de calmer son anxiété en même temps. En déposant ses vêtements sur le sable, elle se demanda comment elles allaient faire pour les retrouver dans le noir.

 

– Nat ? Appela l’adolescente en progressant dans l’eau fraîche. Nat, t’es où ?

Il faisait très sombre malgré la lune, mais Laure finit par apercevoir une silhouette nager vers elle. Ses cheveux noirs plaqués sur son front, Nathalie émergea devant sa petite-amie.

 

– T’en as mis du temps !

Laure allait répondre quand deux mains sur ses fesses la plaquèrent contre le buste mouillé de la nageuse. Et elle ne sut plus ce qu’elle voulait dire. Tandis que le désir montait déjà en elle, son cerveau avait enclenché le mode off. Elle remarqua cependant l’amusement sur le visage de Nathalie.

 

– Quoi ?

 

– Rien.

 

– Si. Pourquoi tu ris ?

 

– Je ne ris pas.

 

– Intérieurement si ! Je te connais.

Nathalie rit, extérieurement cette fois.

 

– C’est juste qu’il ne te faut pas grand-chose ce soir. Je t’ai à peine touché.

 

– Je ne vois pas de quoi tu parles. Se défendit Laure, rougissant.

 

– Ah oui ? Fit Nathalie l’air taquin. Je parle du fait que tu t’es complètement enflammée dès que j’ai posé les mains sur toi. Ne nies pas, moi aussi je te connais.

Laure haussa les épaules pour toute réponse. Bien sûr, Nathalie avait raison, et cela se confirma encore lorsqu’elle embrassa son cou, embrasant tout son corps. Laure en ignorait la cause. Peut-être était ce parce qu’elles n’avaient pas fait l’amour depuis longtemps, ou alors c’était cette situation, dans un lieu public. Mais cela n’avait aucune importance.

 

– Je t’aime.

 

– Moi aussi je t’aime. Murmura Nathalie en la soulevant, l’invitant en mettre ses jambes autour de sa taille.

L’eau rendant Laure aussi légère qu’une plume, l’aînée avait ses deux mains libres, et elle les utilisait pour caresser tout le corps de son amante. Celle-ci en fit de même. Entre baisers et caresses, et malgré la fraîcheur de l’eau, la température grimpa rapidement dans les deux corps.

Une vague fit perdre l’équilibre à Nathalie, Laure but la tasse. La réalité refit brutalement surface.

 

– Erk !

 

– Désolée mon cœur.

 

– C’est affreux !

Nathalie ne put s’empêcher de rire et reçut un regard noir.

 

– Désolée. On retourne sur le sable ?

 

– Oui.

Allongée sur le sable, les yeux plongés dans ceux de son amante au dessus d’elle, Laure sentait son cœur cogner à vive allure dans sa poitrine. Des rires lui parvenaient de l’autre côté de la plage.

 

– Tu es sûre que c’est une bonne idée ?

 

– Tu n’en as pas envie ? Demanda Nathalie entre deux baisers, une main courant sur le ventre de son amante, effleurant la limite de ses seins.

 

– Si. Souffla Laure.

Des frissons se répandirent sur tout son corps tandis que les mains expertes se déplaçaient stratégiquement vers les zones sensibles. Des grains de sable s’étaient invités dans le voyage, glissant entre les mains de Nathalie et la peau de Laure. La sensation n’était pas des plus agréable, mais Laure n’y prêtait aucune attention, concentrée sur son désir qui menaçait d’exploser si son amante continuait ainsi à la torturer. Celle-ci se mit à défaire un nœud du bas du maillot.

 

– Nat…

 

– Chut ! Je réalise un fantasme ! J’ai eu envie de faire ça depuis qu’on est arrivés ici.

 

– Alors fais vite !

 

– Impatiente ? Taquina Nathalie avant de froncer les sourcils en se débattant avec le nœud plus coriace qu’il n’y paraissait.

 

– Oui. Répondit Laure, évacuant sa frustration en parcourant de ses doigts le corps de son amante.

Alors que l’une pestait contre ce fichu nœud qui ne voulait pas se défaire, l’autre trouva plus simple de passer ses doigts sous le maillot de bain adverse.

 

– Ne me déconcentres pas ! Protesta faiblement Nathalie, fermant les yeux.

 

– Faut bien que je m’occupe. Répondit son amoureuse, appréciant les réactions qu’elle provoquait.

 

– C’est bon !

 

– Pas trop tôt, je …

Laure ne put finir sa phrase, submergée par les exquises sensations qui se déferlaient en elle.

 

– Ne t’arrêtes pas ! Souffla Nathalie.

Laure en avait oublié ce qu’elle était en train de faire.

 

– J’ai du sable de partout. Râla Nathalie, alors qu’elles étaient sur le chemin du retour.

 

– C’était pas comme ça dans ton fantasme ? Se moqua gentiment Laure.

 

– Non. Mais la réalité est bien mieux.

Laure sourit. Cette nuit allait rester un souvenir magique, elle en était sûre.

 

– Tu te rends compte que les vacances sont finies ?

 

– Oui, retour à la normale.

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