Sous le même toit – Chapitre 68

– Je sais que la situation n’est pas vraiment idéale pour toi, mais on ne pouvait pas faire autrement.

– Je sais.

– Et puis, c’est peut-être l’occasion de vous rapprocher un peu.

Laure se contenta de hocher la tête. Sa mère lui offrit un petit sourire et tapota son épaule en guise d’encouragement.

L’adolescente se sentait mal, mais pas du tout pour la raison que pensait Estelle. En fait, elle se sentait coupable vis-à-vis de sa mère. Celle-ci s’inquiétait que Laure puisse se sentir mal à l’aise de devoir partager sa chambre avec Nathalie.

Si elle savait…

Cela faisait environ quatre mois que les deux jeunes filles sortaient ensemble, et leurs parents pensaient toujours qu’elles ne s’appréciaient guère. Elles n’avaient rien fait pour les détromper, préférant le mensonge au risque de dévoiler leur secret.

– Bon, c’est pas bien grand, mais pour une semaine, ça fera l’affaire ! Et puis chacun y mettra du sien pour que ce soit vivable pour tous. Déclara Francis après avoir fait le tour du bungalow.

– Pourquoi tu me regardes en disant ça ? Demanda Nathalie.

– Pour être sûr que tu m’as entendu. Je ne veux pas voir tes affaires éparpillées aux quatre coins du bungalow.

– De toute façon, j’ai pas vraiment l’intention de rester cloîtrée ici. Dit la jeune fille en haussant les épaules.

– Et tu as bien raison ! Parce qu’on est venus ici pour la plage ! La mer ! Le bronzage ! S’exclama Estelle.

Pendant que sa mère s’extasiait sur tout ce qui avait attrait à la plage, Laure jeta un coup d’œil dans chaque pièce. Il y avait deux petites chambres, juste assez grandes pour y mettre lits et commode, une mini salle d’eau avec WC et la pièce principale composée d’une kitchenette avec une table pour quatre et un petit coin télé. Étroit, mais tout ce qu’on pouvait attendre d’un bungalow de camping en bord de plage. L’adolescente entra dans la chambre disposant de deux lits pour y poser ses valises. Elle fut suivie par sa petite-amie.

– Tu veux quel lit ? Demanda Nathalie en faisant un clin d’œil à laure discrètement.

– C’est pas important, comme tu veux. Répondit l’adolescente qui avait très bien saisi le message caché de sa petite amie.

– Bon, alors je prends celui-là, moi.

Tout ceci n’était que comédie. Évidemment, elles dormiraient ensemble, dans le lit le plus éloigné de la chambre des parents.

– Les filles ? Vous êtes partantes pour aller à la plage tout de suite ?

– Oui pour moi !

– Moi aussi, maman.

– Ok, en maillot de bain, alors !

Nathalie sortit un deux-pièces bleu qu’elle montra à Laure avec un sourire aguicheur, avant de filer dans la salle d’eau pour se changer.

Cette semaine de vacances va être vraiment particulière…

C’était à la fois le paradis et l’enfer ! Nathalie était à quatre-vingt-dix pour cent dénudée, plus sexy que jamais dans son maillot de bain qui ne cachait que les parties les plus sensibles de son corps, corps qui arborait déjà un joli bronzage. Elle était juste là à la troubler. Et Francis et Estelle se trouvaient là aussi, malheureusement. Impossible de tenter le moindre rapprochement physique ! C’était trop risqué à son goût.

La journée se passa à quatre, de la plage au bungalow. Laure dut réfréner ses pulsions, ce qui n’était guère évident lorsqu’elle voyait le corps ruisselant d’eau de mer de sa petite amie à quelques pas seulement. Celle-ci semblait parfaitement à l’aise et de bonne humeur. Elle affichait un sourire heureux, discutait joyeusement avec Estelle pendant la bronzette, éclaboussait Francis dans l’eau. Et lorsque les deux amoureuses se retrouvaient seules à bronzer une dizaine de minutes, Nathalie taquinait sa petite amie sur le désir qu’elle lui inspirait. Elle eut même l’audace de lui demander gentiment de lui remettre de la crème sur le dos en présence des parents. Et lorsque Laure lui fit remarquer plus tard que cela aurait pu éveiller les soupçons de leurs géniteurs, Nathalie argumenta que c’était anodin, et que cela passerait simplement pour un effort de sociabilité si ça avait été remarqué.

– Il serait peut-être temps que nous soyons amies aux yeux des parents, qu’on puisse passer du temps ensemble sans que ça paraisse bizarre ! Déclara l’aînée avec détermination, tout en feuilletant un magazine people.

– Oui, mais je sais pas comment faire. Répondit Laure en faisant la moue.

– Comment avoir l’air amies ? Ben y a rien de compliqué.

– Tout est compliqué avec moi.

Nathalie fronça les sourcils et posa sa revue.

– Qu’est-ce que tu racontes ?

– Je n’ai pas fait semblant de te détester. Ma mère l’a conclu toute seule.

– Je sais.

– Et elle le croit toujours, alors que je ne fais rien de spécial, à part ne pas la détromper.

– On fait un peu quand même tout pour s’éviter quand ils sont là.

– Et y a une raison à ça. Dit Laure en montrant des doigts ses joues.

– Il suffit d’éviter les situations embarrassantes. Je serais sage, promis ! Dit doucement Nathalie, se voulant rassurante.

– Ce n’est pas de ta faute si je ne contrôle pas mes émotions, et toutes les situations embarrassantes ne peuvent pas être évitées. J’ai peur que ma mère devine.

– On fera attention, elle ne devinera rien. Elle pensera juste qu’on a fini par bien s’entendre.

Comme Laure hésitait, Nathalie ajouta :

– Fais-moi confiance, chérie !

– D’accord. Qu’est-ce que je dois faire ?

– Rien du tout. Laisse-moi gérer, et suis le mouvement.

Laure fit comme Nathalie avait dit. Et elle fut impressionnée par la manœuvre discrète et habile pour faire un rapprochement naturel. Une discussion sur un sujet banal, une partie de cartes proposée par une jeune fille qui s’ennuie un soir et poliment acceptée par la gentille adolescente. Tout était fait en délicatesse, si bien que le troisième jour, il ne semblait rien y avoir d’anormal à ce que les jeunes filles aillent ensemble à la plage pendant que Francis et Estelle se reposaient au bungalow.

 

– Tu es vraiment douée ! Tu as réussi à nous trouver du temps en toute intimité.

J’aurais jamais pensé que c’était aussi simple que ça.

– Je t’avais bien dit que d’être amies, ça avait des avantages.

– Mais tu es sûre qu’ils ne vont se douter de rien ? S’inquiéta encore Laure.

– Mais non. Arrête de stresser sans arrêt !

– Je vais essayer.

– Et puis, il me semble que nous étions en toute intimité, cette nuit, peau contre peau. Dit Nathalie, prenant un air séducteur, faisant rougir Laure.

Pourtant, il ne s’était rien passé la nuit, si ce n’est qu’elles avaient dormi ensemble toute la nuit. Et quel plaisir de se réveiller au matin dans les bras de celle que l’on aime ! Pour ne pas avoir de mauvaise surprise, Nathalie avait fermé à clé la porte, mais la cloison entre les chambres était tellement fine qu’elles devaient être bien plus prudentes qu’à la maison. De ce fait, toute activité sexuelle était proscrite.

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