Sous le même toit – Chapitre 64

Une sonnerie se fit entendre et Laure lâcha aussitôt son bouquin pour se jeter dessus. Un grand sourire prit place sur son visage en voyant le prénom de celle qui l’appelait, même si elle s’en doutait déjà.

– Allo.

– Bonsoir ma chérie.

Laure soupira de bien être.

– Salut toi. Répondit-elle en allumant la radio pour que sa conversation ne soit pas entendue.

– Tu sais que tu m’as manqué ?

– Pas autant que toi tu me manques tous les jours.

– Tu n’en sais rien ça !

– C’est évident, toi tu passes des supers journées à visiter l’Europe, tu n’as pas beaucoup le temps de penser à moi.

– Et toi tu fais du baby-sitting, tu devrais être occupée aussi. Se moqua gentiment Nathalie.

– Mouais.

– Quel enthousiasme ! Ironisa la jeune fille. Alors, la petite a été gentille aujourd’hui ?

– Oh oui, elle est adorable. Répondit Laure sur un ton blasé. Sauf quand elle se débat comme une furie lorsqu’il faut lui changer la couche. Et aussi quand elle renverse son assiette de purée au repas. Ou encore quand elle fait des vocalises à en briser du verre.

A l’autre bout du fil, Nathalie éclata de rire.

– Et toi tu trouves ça drôle en plus !

– Je te signale que c’est toi qui as voulu faire du baby-sitting.

– J’ai besoin d’argent de poche, alors il faut bien.

– Et tu n’as pas pensé à la méthode « maman j’ai besoin d’argent, tu me donnes 50 euros ».

– Non, ça c’est toi, pas moi.

– C’est pourtant une méthode efficace, et moins fatigante. Et pourquoi tu as besoin de cet argent au fait ?

– Comme ça. Mentit Laure avant de la questionner sur ses dernières visites.

En vérité, Laure avait besoin d’argent pour offrir un cadeau à sa chérie dont c’était bientôt l’anniversaire.

– Je t’ai pas dit la meilleure ! Devine un peu ce que ma mère m’offre pour mon anniv !

– Je ne sais pas. Quoi ?

– Muse ! Elle m’emmène à un concert de Muse ! Tu te rends compte un peu ?

Eh bien ça va être difficile de faire mieux que ça.

– C’est cool ça !

– Tu rigoles ? C’est super méga génial oui ! J’en reviens pas !

L’excitation de Nathalie était facilement perceptible, et Laure imaginait sans mal l’expression qu’elle devait avoir. Elle sourit, et en même temps, une pointe de tristesse l’envahit. La jeune fille lui manquait énormément.

– Hé, tu m’écoutes ?

– Oui, oui.

– Hum, t’as l’air ailleurs. A quoi tu penses ?

– Au fait que tu me manques.

Nathalie soupira.

– Toi aussi tu me manques. Mais il ne reste plus longtemps.

– Je sais.

Il y eut un petit moment de silence.

– En attendant que je sois là, il faudra te satisfaire toute seule. Dit soudain Nathalie d’un air malicieux.

– Hein ?

– Ben oui, t’as qu’à te toucher.

Laure avala sa salive de travers et rougit. Elle était persuadée que Nathalie s’amusait beaucoup, connaissant son malaise sur ce sujet.

– Arrêtes, tu sais bien que je fais pas ça.

– Tu devrais essayer ! Ca me dérangerait pas tu sais.

– Oui, mais moi si.

– Pourquoi ? Y’a aucune raison. Moi je le fais bien.

– Je t’ai déjà dit pourquoi. C’est pas mon truc, c’est tout.

– Tu peux pas savoir, t’as jamais essayé. Si tu veux, je t’aide en te disant des trucs au téléphone.

Laure rougit de plus belle en réalisant que Nathalie lui proposait du sexe par téléphone.

– Euh… Non, non. Je veux pas.

– Ce serait excitant pourtant. Répondit sa petite-amie, avec un air de regret.

L’adolescente ferma les yeux et se mordit la lèvre. Elle n’en doutait pas. D’ailleurs, la proposition ne la laissait pas indifférente, et elle savait que son esprit allait fantasmer là-dessus ce soir. Mais elle ne pouvait pas concevoir de passer à l’acte. Peut-être était ce de la pudeur, ou de la candeur, ou bien ça avait un rapport avec son éducation, ou les mœurs d’une société chrétienne où le sexe était tabou. Elle n’en savait rien, mais c’était comme cela, elle éprouvait une forte gêne à l’idée de se toucher elle-même.

– Je préfère t’attendre.

– D’accord. Je t’aime.

Laure sourit de bien-être.

– Moi aussi je t’aime.

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