Sous le même toit – Chapitre 63

– Waouh ! Quelle classe !

– Merci. Bon, tu es prête ? On y va ?

– Ouaip !

Nathalie sortit de la chambre d’hôtel, suivie par sa mère qui avait revêtu une robe légère de couleur prune. Toutes deux se rendaient dans un restaurant ce soir.

– A gauche Nat !

– Ben, on prend pas la voiture ? S’étonna l’adolescente.

– Non, le resto est à dix minutes à pieds.

– Ok.

Le trajet prit un peu plus de temps, car en chemin, Elise, la mère, décida de rentrer dans un magasin de chaussures. Elle hésita un long moment à acheter une paire d’escarpins dorés, parce qu’ils étaient vraiment sublimes, mais qu’elle en avait déjà plusieurs. Finalement, elle y renonça, à contrecœur, car elles n’étaient qu’au début des vacances, et il ne fallait pas trop dépenser dès le début, sous peine de ne plus rien pouvoir acheter plus tard.

Nathalie sourit en pensant que si physiquement on lui disait souvent qu’elle ressemblait beaucoup à sa mère, du côté de la personnalité aussi elle tenait beaucoup d’elle. Et son attrait pour le shopping et la mode, il venait sans aucun doute d’Elise. En même temps, elle avait un peu l’impression d’avoir passé son enfance à faire les magasins avec sa mère. De très bons souvenirs !

– Buona Sera ! Per due, per favore !

L’hôte d’accueil les invita à le suivre jusqu’à une table de libre, proche d’une fenêtre. L’établissement était sobre, avec quelques photos encadrées de Naples comme décoration.

– Tiens, demain, on va visiter là. Indiqua Elise en montrant du doigt un cadre.

– D’accord.

– Bon, et comment trouves-tu Naples pour le moment ?

– C’est bien. Mais je trouvais Rome mieux.

– Oui, mais on va pas visiter les mêmes endroits tous les ans, ce serait pas intéressant !

– Je sais. Et puis j’ai hâte aussi de visiter Herculanum et Pompéi ce week-end !

– Moi aussi. Bon, tu as choisi ton plat ?

– J’hésite entre une escalope sorrentina ou bien des lasagnes.

– Je te conseille la sorrentina, c’est quelque chose que tu mangeras moins souvent que des lasagnes.

Nathalie ne regretta pas son choix. Le plat était excellent. Durant le repas, son téléphone vibra plusieurs fois, signalant des sms auxquels elle répondit rapidement. Cela n’échappa pas à sa mère.

– Y’en a une à qui tu manques on dirait.

– Hein ? Pourquoi tu dis ça ? Demanda Nathalie, surprise, certaine de n’avoir jamais mentionné Laure.

– Peut-être parce que tu reçois vraiment beaucoup de messages depuis des jours.

– Ah … Pas tant que ça quand même, tu exagères ! Et pourquoi t’as dit « une » ?

– C’est pas Eloïse qui t’envoie des sms, comme d’habitude ?

– Ah … non, c’est pas elle. Enfin si, y’a Elo, mais pas que elle.

Elise leva un sourcil, l’air intrigué.

– Qui est-ce ?

– Ma petite-amie. Répondit Nathalie, avec un petit sourire.

Sa mère reposa doucement le verre de vin qu’elle allait boire.

– Ta « petite-amie » ? Et depuis quand tu as une petite-amie toi ?

– Hum … quelques mois.

– Quelques mois ! Quelques mois !!!

Nathalie grimaça devant l’air scandalisé de sa mère.

– Tu sors avec une fille depuis des mois, et je ne suis au courant que maintenant ? Je nous croyais plus proche que ça Nat ! Et dire que pour ta première petite-amie je l’ai su quasiment un mois avant !

– Bah, les choses changent. Mais ça veut pas dire qu’on est pas proches m’man !

– Pourquoi ne pas me l’avoir dit ?

– Je ne sais pas en fait. J’ai pas eu l’occasion. Et puis c’était compliqué aussi. C’est toujours pas simple d’ailleurs. Mais c’est vraiment sérieux entre nous.

Elise sourit.

– On dirait oui. Alors c’est à elle qu’est dû ce changement ?

– Quel changement ?

– Toi ! Tu es bien différente de la dernière fois que je t’avais vu. Plus mature.

– Ah. Tu trouves ?

– Oui. Bon, alors, parles moi d’elle un peu !

Nathalie parla de Laure, sourire aux lèvres. Cependant, elle tût son nom et le fait que c’était la fille qui vivait sous le même toit qu’elle. Sa mère était cool, avait accepté il y a des années et sans aucun problème le fait qu’elle sorte avec des filles, mais la jeune fille n’était pas sûre qu’elle prenne bien le fait qu’elle vive avec sa petite-amie, toutes deux mineures. Et elle ne voulait pas prendre le moindre risque que son père soit mis au courant, bien qu’elle doutait qu’Elise soit capable de lui faire ça. Mieux valait être prudente toutefois !

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