Joy Loukas – Chapitre 15 : Le médecin

Je considérais les paroles de Chris un moment. Je n’avais jamais rencontré d’enfant démon. Aurais-je agi de la même façon que Chris ou que mon père ? Je n’en savais rien, et n’étais pas sûre de vouloir connaître la réponse.

On frappa à la porte.

_ Entrez !

Je ne pus m’empêcher d’avoir un mouvement de recul et de saisir mon arme à la vue du démon.

_ Tout va bien Joy. Me dit Chris. Je te présente Hermès, notre médecin.

_ Bonjour. Me salua simplement le démon. Chris, j’ai regardé tes notes au sujet du Ripson. Il y a quelques points qu’il faudrait que tu éclaircisses.

Je rangeai mon épée tout en surveillant le médecin pendant qu’il discutait avec mon oncle. Il était immense et musclé. Sa tête frôlait le plafond et son cou était si épais qu’il m’aurait fallu cinq mains pour en faire le tour. Il avait la peau couleur vert-gris et ne semblait avoir aucune pilosité : ni cheveux, ni barbe, ni poils sur les bras. Ses vêtements, chemise et pantalon de ville comme Chris, étaient sans doute en taille XXL. Je l’aurais plus vu en garde du corps qu’en médecin. Je remarquais alors ses mains. A mon étonnement, il avait de grands doigts très fins pour quelqu’un d’une telle masse.

_ Je vais te faire visiter l’agence. Proposa mon oncle quand Hermès fut parti.

Je le suivis hors de son bureau. Lilia n’était plus là. La deuxième porte que j’avais remarquée dans la pièce d’entrée donnait sur un couloir avec plusieurs portes. Derrière la première à gauche, il y avait tout ce qu’on pouvait trouver dans un banal cabinet médical, ainsi que le médecin de l’agence accoudé à son bureau.

_ Pourquoi l’agence a-t-elle besoin d’un médecin ? Demandai-je à Chris.

_ Parce qu’il nous arrive d’être blessés lors d’un combat. Mais Hermès reçoit aussi des patients démons, car peu d’entre eux ont accès aux soins. Ils se font souvent refoulés des hôpitaux ou des cabinets médicaux.

Les autres portes s’ouvraient sur une cuisine, des toilettes, une salle de douche.

_ Et là, il y a la cave.

C’était une pièce beaucoup plus grande que je ne l’imaginais. Il y avait deux coffres sur un côté, un grand tapis sur le sol et tout au fond, trois portes blindées.

_ Il y a quoi derrière les portes ?

_ Ce sont des cabines. Parfois, nous avons besoin d’enfermer des personnes temporairement.

Je traduisis cabines par cellules de prison. En m’approchant, je vis sur l’une d’elles une pancarte avec écrit dessus : « Jesse ».

_  Jesse s’est approprié celle-là. Déclara mon oncle en suivant mon regard.

_ Il dort là-dedans ?

_ Une fois par mois. A chaque pleine lune, Jesse se transforme en loup. Un loup complètement enragé et incontrôlable. L’enfermer est le seul moyen pour qu’il ne fasse de mal à personne.

Je n’en revenais pas. J’avais entendu parler de loups-garous, mais je pensais qu’il s’agissait d’une légende.

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