C’était la fin – Chapitre 2

Drrr Drrr

Jo balança sa main vers la table de chevet, cherchant à tâtons son téléphone portable qui vibrait. La sonnerie qui suivait le vibreur retentit et la jeune femme ouvrit un œil et releva la tête.

– Putain de merde, où qu’il est !

Jo mis la main dessus et décrocha sans regarder de qui il s’agissait.

– Allo ? Dit-elle d’une voix peu chaleureuse.

– Jo, c’est Camille.

– Putain, tu sais quelle heure il est ? D’ailleurs, il est quelle heure ?

– Euh … vingt-deux heures cinquante trois. Désolée, mais … je devais te prévenir.

Le ton était grave. Et toute mauvaise humeur quitta Jo pour être remplacée par de l’inquiétude.

– Qu’est ce qu’il se passe ?

– C’est Magalie.

– Eh ben quoi ?

– Elle … elle a tenté de suicider.

La main de Jo se crispa sur le téléphone. Un silence s’installa.

– Jo ? Tu es toujours là ?

– Oui. Dis-moi exactement ce qu’il s’est passé. Ordonna la jeune femme, d’une voix presque assurée, en se levant brusquement.

Jo alluma la lumière et se dirigea vers son armoire.

– Je l’ai appelé. Enfin, non, c’est elle qui m’avait envoyé un message, et puis, j’avais pas pu répondre sur le moment. Mais si j’avais su …

– Quand ?

– Tout à l’heure, dans la soirée. Il était vers vingt heures et quelques quand j’ai appelé.

– D’accord. Et donc ?

– Et … et … quand elle a répondu … elle …

Camille pleurait tout en parlant, et Jo perdait patience. Si elle avait été là, elle l’aurait secoué comme un prunier jusqu’à ce qu’elle crache le morceau.

– Putain Camille, calme toi et parle bordel !

Mais Camille ne se calma pas de suite, et Jo, tentait tant bien que mal de garder le contrôle. Sa meilleure amie avait tenté de mettre fin à ses jours, et c’était tout ce qu’elle savait. Elle ignorait dans quel état elle se trouvait, si elle allait bien, où elle était, comment, pourquoi, …

– Camille, s’il-te-plaît ! Demanda-t-elle d’une voix plus douce.

– Oui. Désolée. Répondit Camille en reniflant.

Jo ne dit rien, attendant désespérément la suite tout en essayant d’enfiler un jean.

– Quand elle a répondu, j’ai tout de suite compris que c’était grave. Elle était incohérente, elle pleurait, et … elle a dit qu’elle avait fait une grosse connerie. Et puis … je lui ai demandé quoi, et elle a dit qu’elle … qu’elle avait pris plein de médocs pour mourir.

Jo se laissa glisser contre le mur, se forçant à respirer calmement pour ne pas craquer.

– Alors j’ai tout de suite dit à Daniel d’appeler les secours et … j’ai essayé de la garder en ligne. Elle n’arrêtait pas de dire qu’elle était désolée et puis … et puis … elle a arrêté de parler.

Les pleurs de Camille prirent le dessus. Jo la laissa se calmer, les yeux dans le vide.

– Quand je suis arrivée là-bas, les secours étaient en train de l’emmener à l’hôpital. Je les ai suivis. J’y suis là. Et … j’attends des nouvelles.

– Ses parents ?

– Les secours n’ont pas réussi à joindre sa mère, ils ont laissé un message.

Cela ne l’étonnait pas. Magalie se plaignait toujours que sa mère ne répondait quasi-jamais à son téléphone.

– Pourquoi ? Pourquoi elle a … ?

Cette fois, sa voix s’était brisée.

– Je ne sais pas.

– Il s’est passé quelque chose dernièrement ?

– Tu es plus souvent en contact avec elle, c’est toi qui peux savoir.

Jo ne répondit pas et se prit la tête d’une main. C’était elle qui aurait du savoir s’il se passait quoi que ce soit. Mais elle ne le savait pas, parce que cela faisait deux semaines qu’elles ne s’étaient ni vu, ni parlé.

La dernière fois qu’elles s’étaient parlé, elles s’étaient d’ailleurs un peu disputées. Jo avait ensuite eu d’autres choses à faire et à penser. Et puis, elle attendait que Magalie fasse le premier pas vers elle, comme d’habitude. Elle s’était même énervée car sa meilleure amie ne donnait pas de nouvelles et se faisait désirer. Mais à aucun moment, elle ne s’était inquiétée.

Et maintenant, elle regrettait.

– J’arrive.

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